Parfois des fragments de souvenirs me reviennent, ils se mettent à galoper dans un coin de ma tête, ils me trainent dans l’innocence qui m’habite rarement , et puis souvent tard dans la nuit, je m’autorise à revivre ces instants d’insouciances, de pur bonheur , ces moments nostalgiques, que le présent n’égalera jamais.
Je le revois assis impassible dans son large fauteuil, comme fidèle à lui même, il y avait quelque chose d’impénétrable , de mystérieux, de profond chez cet homme. Comme si la composition entière de son visage suffisait à elle seule à résumer sa vie, secrète, profonde, et violente.
J’avais l’impression de contempler un inconnu, il exercé quelque chose d”étrange sur moi, une admiration naissait quand mon regard se poser sur lui, j’étais comme aimanté ,agrafé, rattaché, absorbé, je voulais tout connaitre de cet homme, mais la peur m’abimais, la peur du refus, du rejet, cette peur persistait, et jamais je n’osa.
Souvent je restais là inerte à ses cotés pendant des heures dans le silence le plus total, ces silences que seul les abimés, les estropiés, les esquintés, les accidentés comprennent. Le silence nous suffisait, les mots aurait été de trop, sans doute.
Il ne m’a jamais rien dit d’extraordinaire, de sublime, de somptueux, mais il m’a donné la tendresse, l’amour, l’affection dans le respect le plus exquis possible, c’était un homme d’actes, pas de mots. Mais qui peut mentir dans ses actes, qui peut tromper dans ses gestes, les actes sont l’honnêteté, des mots détournés.
Je me souviens que tard dans la nuit, après l’épuisement d’une nuit de labeur, il montait les marches discrètement pour ne réveiller personne, mais rien n’échappait à la marche grinçante qui signalé son arrivé, il entrait dans la chambre où l’atmosphère était encore aux rêves , et il déposait un doux baiser sur mon front, et éteignait la lumière en repartant. Cette lumière protectrice, rassurante, qui le remplacer lorsqu’il était loin de moi et qui ne servait littéralement plus a rien à son retour. C’était surement l’un des moments que j’affectionnerais le plus au monde, un des rare moment ou je savait exactement qui il était, c’était notre promesse, la promesse qu’un père fait à sa fille.
C’était mon père, et Il était ma légende.
Je t’aime.
Mélissa.